Georges Faget-Bénard
Peintre graphiste

Après une formation au Conservatoire National d'Art Dramatique de Paris, elle entre comme stagiaire à la Comédie Française, puis dans la compagnie Edwige Feuillère. Elle a trente ans. Elle est vive et chaleureuse. Comédienne née. Elle l'est également dans la vie. Toute en ruptures inattendues, prête à rire ou à s'enflammer de colères brusques. Jamais tout à fait vraies, les colères, mais toujours éclatantes. Sa carrière doit lutter contre une nouvelle génération d'un autre style. Catherine est une Classique mais pas une tragédienne. Elle excelle dans Feydeau, sous la direction d'André Roussin, Raymond Gérome, René Clermont, Jean Darcante, Jean le Poulain, Jean Marchat ; dans les comédies de Shakespeare (Un conte d'Hiver, pour la télévision). On ne l'imagine pas dans Phèdre. Cependant, elle en comprend tous les recoins et peut les expliquer, les détailler.
Par dessus tout, elle est honnête: elle lit ce qu'elle lit et n'intellectualise pas dans les complications. Elle reste dans la vie.
La nécessité de communiquer lui a fait ouvrir un cours d'art dramatique dans un local aménagé d'une scène et de chaises situé au dessus du Théâtre des Capucines, fenêtre donnant sur le boulevard du même nom.

J'y arrive en mars 1965. Je reviens de Londres, en costume d'Alpaca, col dur et cravate.
Tout à fait par hasard.
Ne voulant pas retourner chez mes parents je partage une chambre rue de Lévis avec un gigolo rencontré à Cannes et retrouvé Boulevard St Germain. Contrairement à ce qu'on peut croire, je ne suis pas personnellement doué pour le trottoir. C'est un métier comme un autre, mais je n'y suis pas bon. Pierre-Yves et moi ne sommes pas riche. Nous allons draguer au Flore dans l'espoir de se faire inviter au restaurant.
Mon camarade prétend qu'il faut, ne serait-ce que pour la police, avoir une occupation officielle. Il dégote ainsi un cours d'art dramatique qui nous donnera la façade officielle d'apprentis comédiens.
Il appert immédiatement que je ne suis pas doué, là non plus. Je ne comprends rien de ce que je dis et lorsque je comprends, je ne suis pas d'accord. Comment Ruy Blas, qui couche avec la reine, peut-il dire : "Ciel, le Marquis, je suis perdu ?" Quand on couche avec la reine, on n'est jamais perdu. Donc, je refuse d'ouvrir la fenêtre.
Catherine en pleure de rire.
-" C'est comme ça que c'est écrit. Il ne s'agit pas de toi mais de Ruy Blas."
Rien à faire. Je n'adhère pas. L'affaire n'est pas logique. C'est comme immoler sa fille Iphigénie pour faire du vent. Une histoire grecque, ça encore...
Rien à faire.
Mais comment caser le bestiau ? Il n'est ni romantique, ni vraiment comique, ou alors c'est involontaire, ce n'est pas un jeune premier même si il a le physique de l'époque.


Avec Danièle Deray.

Bref, tout est à faire, si toutefois quelque chose se peut. Heureusement, il dessine bien, il pourra toujours nous faire des affiches.
Le gigolo disparaît dans le brouillard et me laisse là. Un genre de cigogne qui lâche son paquet. De ce fait, grâce à Michel Castelain, alors assistant de Catherine, je trouve du travail à la faculté de pharmacie comme animalier, ce qui permet de payer une chambre de bonne et mes cours - soyons honnêtes : pas souvent, pour les cours.

Puis la vie m'emporte vers la suite des aventures.
En 1970, Catherine crée sa compagnie, comme je joue dans une autre, nous nous croisons quelque fois. Puis elle devient chargée de mission culturelle en Bourgogne, y crée un cours d'art dramatique et participe à la réouverture du Théâtre d'Auxerre.
Enfin, en 1988, elle devient directrice du petit, mais charmant, Théâtre des cinq diamants, dans le 13e arrondissement.
Je retrouve Catherine en 1992, justement là.

Ensemble, nous allons signer :

"Le jeu de l'amour et du hasard", décor, affiche, lumières. Création à Auxerre. 1992
"Le bal du lieutenant Helt", décor, affiche, lumières.1993
"Le menteur", décor, affiche, lumières. 1994
" Le bout de la route" décor, lumières, bande son. Création à Auxerre. 1995
"Il ne faut jurer de rien", décor, affiche, lumières. 1996
Festival du sacré, dans la cathédrale de Chartres. Scenographie lumière. 1997
"Thérèse", affiche, décor, lumières.1998
"Le malentendu", affiche, lumières. 1998
"Monsieur Labiche, affiche
"Pardon Platon", affiche, décor, lumières.1999
"Les fausses confidences", affiche, décor, lumières.2001
"Pèlerin d'absolu", affiche, décor, lumières. 2001
"Bernadette Rollin chante Henri Gougaud" Lumières, affiche, 2002
"On ne badine pas avec l'amour" Décor, lumières, affiche, 2002
"Qui êtes-vous, Monsieur Hugo?" lumières, affiche, 2003
"Britannicus" lumières, affiche, 2003, 2004, 2005.
"Les caprices de Marianne",affiche. 2005
"Plouft", affiche 2005