Allez vous rhabiller ... à Pigalle ! par Gitane

Voilà la mission que nous a confiée Jojo pour ce numéro spécial du mois de mars. Qu'est-ce qui se vend, se porte, se sangle, se lace, se menotte, cette saison à Pigalle ... “J'veux du cuir, du latex, d'la dentelle, en vécu et en images” !

Exécution. Nous voilà donc partis, par un froid samedi de février, agents très spéciaux Albrecht et Gitane – subtilement déguisés en nous-mêmes, couple trentenaire relax : “tu crois qu'on va passer pour des clients, dis ?” ,“et si on croise des gens qu'on connaît ?” - armés d'un papier, d'un crayon (comme toujours introuvable au fond du sac) et d'un appareil photo numérique.

"Division de la Joie"

Première étape : le Supermarché du Sexe. Le nom aurait pu nous refroidir s'il n'avait pas déjà fait -6° sur ce foutu boulevard mais là, on était plutôt motivés pour entrer, du coup. C'était ... comment dire ? Très instructif. C'est pas qu'on n'avait aucune idée de ce qu'on pouvait trouver là-dedans mais on a quand même été surpris. Là, dans le vif du sujet, on a découvert qu'on peut faire de la balançoire à deux tout nus avec un bon taux de pénétration (dans l'air, bien sûr), que les vibromasseurs 100% latex “handmade in Germany” (gage de qualité) donnent en plus l'horoscope et que les couples modernes ne portent qu'un slip pour deux. En passant à la caisse, n'oubliez pas le guide : “Osez l'échangisme”, “Osez la fessée”, ou encore “Osez ... Les conseils d'un gay pour faire l'amour à un homme” ; ni vos préservatifs à picots fluorescents, “visibles dans le noir”, pour sortir couverts !

C'est quoi ton signe ?

Farce et attrape

Deux numéros plus loin, au 74, on a eu moins de chance : le patron du Starlight ne voulait pas qu'on prenne de photos vu qu'il est fabricant de sa marchandise (eh, oh, z'êtes pas dingues ? Dans l'industrie du sexe y a aussi de l'espionnage !) et qu'on le dérangeait pendant le rugby. Qu'à cela ne tienne : on l'a cuisiné un peu, pour la peine (eh ouais mon pote, t'as loupé un essai). Alors on a appris que “Monsieur Starlight” confectionne à Pigalle depuis une quinzaine d'années. Pour ceux que ça intéresse, sa spécialité, c'est le SM : accessoires en cuir type harnais, baillons, colliers, mais aussi les robes courtes (son best-seller). En quinze années de métier, sa clientèle, principalement des couples, a rajeuni : la moyenne est passée de 40 à 30 ans. Côté anecdotes drolatiques, il n'avait pas grand-chose à nous mettre sous la dent (ma parole, il devrait plus regarder ses clients et moins sa télé), si ce n'est ce couple, dont la femme a harnaché l'homme dans un cou-poignets-chevilles (si vous ne pouvez imaginer à quoi ça ressemble, voir l'adresse ci-dessus), qu'elle a payé tranquillement pendant que monsieur prenait la fuite aussi vite qu'il pouvait, entravé comme il l'était ... Nul doute qu'elle l'a vite rattrapé mais l'histoire ne dit pas si ça faisait partie du jeu !

Cocks en stock

Pour finir, on a fait un tour sur le trottoir d'en face où quelques vitrines supplémentaires nous faisaient de l'oeil, proposant à peu près les mêmes produits, à quelques variantes près – des platform shoes plus ou moins hautes ou des nuisettes plus ou moins bardées de plumes, des masques plus ou moins effrayants – et on vous en a ramené quelques images ... que voici.

Pigalle vous rhabille de la tête ...

... aux pieds !

Comment ça, qu'est-ce-qu'on a fait, après ? M'enfin, ils veulent tout savoir ! D'accord, vous l'aurez voulu : à l'heure où j'écris ces lignes, après m'être calée d'une petite pizza aux anchois (pour l'haleine), Albrecht range et fait la vaisselle ... Mmm, tiens, il me semble qu'il a mis ses gants en latex ... Bon je vous laisse, à bientôt mes coquins et coquines !

Gitane


Sourire aux lèvres

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