L'Yeux à voir

EROTIC MUSÉE

D'abord, nous voulions visiter le sexodrome. Comme le dit si bien Gitane, par - 6° on avait intérêt à entrer quelque part. Nous étions sept devant la porte à taper du pied : Lou, Gitane, Cathy, Wallon, Albrecht, Henri4 et moi. Perdus en route : Pietro, Noée et quelques autres. On décide de pousser le lourd rideau. il est double. Avec une rangée de glands en bas. Voilà un bon début. On pouvait se douter que le lieu etait grand mais deux cent mètres carrés de vidéos effarantes entassées, alignées, classées par genre et, de l'avis d'Albrecht, racistes : les chinois d'un côté, les blacks de l'autre, les Inuits pas loin, les zoophiles qui clignotent, les scatos au dessus des masos ( après tout, c'est normal...), les homos double faces et...plein de trucs qui, sans me choquer ( j'ai tout de même doublé ce genre de films plusieurs années de suite), ne m'appellent aucune envolée de bouffée désirante.

Par contre, sur le côté gauche des rayonnages c'est autre chose. D'abord on s'approche et on ne sait pas ce qu'on regarde. C'est emballé, c'est dans une boite, c'est parfois bleu ou vert, transparent ou opaque, c'est plus ou moins long donc on devine. Mais ça se gâte aussitôt car il y a quatre branches. Deux, on peut comprendre : une longue, une plus courte ou à la limite - n'ayons pas peur - deux longues. Mais quatre ? Même trois, allez.
Henri4 voit ma perplexité. Il m'explique : "la branche du haut, c'est pour le trou du haut, celui du bas pour le trou du bas, tu suis ?" Oui. "...Et celle du dessus, c'est pour le clitoris." D'accord, mais la quatrième ? " C'est pour les invités" rigole-t-il.

Le groupe des filles semble intéressé par une rangée de gadgets. Il est vrai qu'il faut le temps de comprendre à quoi servent certains objets, ça clignotte, c'est transparent et plein de billes. Il y a des pompes à exploser les membres - qui pour le coup ne sont pas absents !!! -
Des bouches en plastique suceur, des vagins en silicone avec vibreur incorporé, de la fesse comme s' il en pleuvait, des seins hyper-réalistes, des cow-boys gonflables, du membre en veux-tu en voilà, chacun avec son nom puisqu'il sont ( en principe) moulés sur leur propriétaire. Avec une ventouse pour les fixer au carrelage de la salle de bain. Je suppose. L'image fait rire Cathy qui n'y avait pas pensé.
Henry4 me raconte qu'il a vu un mannequin - pas un truc gonflable - mâle, en matière imitant la chair, plein, donc lourd, auquel on peut faire prendre toutes les positions. On peut aussi dévisser son sexe et le remplacer soit par un plus gros, soit par un plus mou, soit par un plus raide. Donc très avantageux par rapport à un cadavre ( j'ai tout de même lu Yves Navarre !) Malheureusement, ici, on ne voit que des têtes dans des boites, bouche grande ouverte derrière la cellophane. Un hurlement nous parvient,
Cathy agite des cock rings. Il y en a à foison du large au small et itou de la pince à seins. Toutes sortes de seins. Au rayon électricité, on voit que les "musculateurs" ont été légèrement détournés de leur objectif. Il y a même une chaise électrique pour testicules et un col roulé en acier conducteur. Je me demande si au rayon poissonnerie on va trouver un vibromasseur pour poisson rouge. Il y aurait bien les étages à visiter mais nous craignons le pire. Le sauna ? Bof. Les cabines ? Bof. Les films ? Bof. Personne ne parait "in the mood". On décide de sortir.

Ouf ! Un peu d'air. La petite bande, un peu déçue, s'extirpe du stupre. Nous sommes d'accord pour faire pleins de trucs, nous aussi, mais le minimum est que ce soit provoqué par le désir. Pas obligatoirement l'amour, le grand mot, mais au moins quelque chose qui passe...par là.
La chose n'est pas pour nous. En tous cas pas aujourd'hui...

"ça ne fait rien", dit Wallon, " Il nous reste le musée de l'érotisme".
Le téléphone sonne. " Electron arrive, il nous y rejoint."

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