La déesse Bastet



HISTOIRE DE CHATS


Confrontation
L'ancêtre du chat, Miacis, apparaît au milieu de l'eocène, il y a environ 30 millions d'années. Les miacidés sont de petits mammifères très endurants, assez courts sur pattes et assez proches de la Belette actuelle. Ils vont devenir les ancêtres de l'ours, du chien, de la hyène, la mangouste, le raton laveur, la civette et tous les membres de la famille des félidés.
On peut dire, en gros, que les miacidés vont se répartir en deux groupes : les hoplophoenidés, avec de puissantes mâchoires et des canines aiguës, par exemple le smilodon, le tigre aux dents de sabre ; et la famille des dinictidés, souche des félidés, dont le chat est le type.

Le groupe des dinictidés, sous l'influence des climats, se différencie en quatre vingt quinze espèces, dont quarante existent encore sous des formes similaires, d'où est issu le Lynx, premier à être muni de griffes rétractiles.


Aucunes peintures rupestres ne représente d'animal ayant une quelconque ressemblance avec les chats domestiques. On peut donc affirmer que les chats ne sont pas chassés comme du gibier. Et pourtant ils sont là. Qu'est-ce qui peut faire que le chat soit épargné du sort réservé à tous les autres animaux, ne serait-ce que pour la fourrure ? On peut imaginer qu'il serve à protéger les réserves de grains en chassant les rongeurs, lui qui ne craint pas le feu et prise la chaleur.

Mais le mystère demeure pour l'instant sur la période de dix mille ans avant notre ère : entre la disparition du smilodon et l'apparition attestée du chat protecteur des greniers et divinité égyptienne, voilà cinq mille ans.

La toute première manifestation connue de l'existence du chat domestique se trouve dans les effigies réalisées par les égyptiens. La domestication daterait de 2000 av J.C.
Dans les maisons particulières, le chat monte la garde contre rats et souris qui menacent les provisions et garantissent les familles contre les serpents venimeux. Par ailleurs, ils patrouillent dans les greniers et participent aux chasses.
L'art de l'ancienne égypte prouve aussi sans conteste que le chat, comme maints autres animaux, reçoit les marques du plus profond respect et fait l'objet d'un culte de la part du peuple.
Les reliques conservées permettent d'identifier trois espèces principales : felis chaus ( ou chat des marais), felislibyca (chat d'afrique ou chat ganté, et felis ornata ( chat orné). ce sont ces deux derniers qui constituent les ancêtres des chats domestiques égyptiens.
La plupart des fresques et des peintures tombales égyptiennes représentent des chats rayés ou mouchetés de couleur brun-roux clair le plus souvent.

 

 

Pendant plus de deux mille ans le chat, qu'il soit sauvage ou domestique, a droit à la vénération des Égyptiens de toutes conditions sociales. Des lois très sévères les protègent. Quiconque tue un chat est passible de peine de mort.

A l'origine, le chat est associé à Isis, la femme d'Osiris, dieu du royaume des morts. Cependant, une nouvelle déesse chatte s'impose peu à peu : Bastet, soeur de Sekhmet, déesse à tête de lionne. Bastet est représentée la plupart du temps comme une femme mince et grande à tête de chatte.
Elle peut porter trois attributs : un instrument de musique, le sistre, dans la main, une égide devant la poitrine et un panier au creux de son bras gauche. Elle est accompagnée d'une portée de chatons qu'elle abrite dans son panier ou se tiennent à ses pieds.

Animal vénéré sous le règne de la déesse, tous les chats de l'Égypte ont droit au même respect. Mais les chats de compagnie reçoivent les soins les plus attentifs. Quand un chat tombe malade ses maîtres le dorlotent comme leur propre enfant : ils n'épargnent ni leur peine ni leur argent pour lui procurer les meilleurs remèdes. Le chat de la maison porte un collier serti de pierres précieuses et de chaînettes de bronze, d'argent ou d'or. Parfois, une boucle d'oreille est accrochée à son oreille percée. Si l'animal doit aller à la chasse, il se voit accorder la meilleure nourriture et il couche dans un lit douillet. Les chats errants ne sont pas oubliés pour autant : leur repas est déposé devant la porte.

Quand un chat meurt, tous les membres de la famille portent le deuil et se rasent les sourcils en signe de respect pour l'animal défunt. pour montrer leur chagrin, ils gémissent et se frappent la poitrine tandis qu'on sonne le glas. puis le maître de maison enveloppe soigneusement le corps du chat dans un drap de lin et le porte chez l'embaumeur.
Les pauvres comme les riches s'efforcent de respecter dignement ces usages et n'hésitent pas à consentir un lourd sacrifice financier.


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Le chat noir de Dido, bien vivant.

L'embaumeur frictionne le corps de l'animal avec de précieuses essences aromatiques. puis il l'entoure de bandelettes en s'appliquant à bien maintenir les oreilles en position dressée. Il termine par une dernière série de bandelettes plus décoratives ou il place le corps dans une boîte. les bandelettes sont la plupart du temps peintes en deux couleurs éclatantes et composées de savants motifs. Les boîtes peuvent être en paille colorée, pour les pauvres, ou en bois sculpté, tout incrustées à l'intérieur de pierres précieuses et d'or, pour les plus riches. Certains de ces cercueils ont la forme d'un chat et sont ornées de petites sculptures représentant des têtes de chat. Il arrive aussi que les cercueils soient façonnés dans une sorte de papier mâché qui épouse la forme de l'animal et où ses yeux et sa bouche sont minutieusement peints.

Une fois cette longue et délicate préparation terminée, la famille endeuillée porte le corps jusqu'au cimetière, suivie de tout un cortège funèbre. Les chat est enterré selon un rituel particulier dans un cimetière réservé. On en trouve les traces tout au long du Nil. le plus grand se trouve à Bubastis. on y venait de toute l'Égypte pour y enterrer les chats.


   

 

 

 

 
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