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Histoire

Le restaurant de L'Épi d'Or, depuis sa création en 1880, est entièrement lié à ce que fut le fourmillement des Halles de Paris, construites à partir de 1848 par Victor Baltard sur un projet d'un ensemble de 12 pavillons vitrés soutenus par des colonnettes en fonte. Qu'on appellera : "Le ventre de paris".


Véritable institution, l'Épi d'Or ouvrait ses portes à partir de 22h pour reçevoir sa clientèle de "forts des halles", travailleurs de force qui empilaient et déplaçaient des montagnes de cageots chargés de légumes sur des "diables", des sacs de pommes de terre ou de choux pommelés sur les épaules. Puis on fermait vers deux heures du matin, pour ranger et nettoyer ( à cette époque, le sol était recouvert de sciure, qu'il fallait changer), puis rouvrait à 5h pour accueillir les affamés de la nuit, auxquels se joignaient volontiers quelques noctambules du spectacle, comédiens et bourgeois en goguette.

Le lieu, comme bien d'autres dans le quartier, fut vite prisé des noctambules et, jusque dans les dernières années des Halles, on y courrait après le théâtre ou le concert. Combien de soirées épiques ont égayé le fond de salle !

Depuis 1969 , les Halles sont à Rungis et les rats ont suivi en voiture ( on imaginait, à l'époque, que les rats privés de nourriture allaient attaquer la ville).
L'Épi d'Or ouvre de 19h30 à 23h, mais la cuisine et l'accueil sont bien toujours identiques : une véritable cuisine , dans la plus pure tradition française.

Je suis un fidèle du lieu que je connais depuis 1962. J'y ai vu plusieurs propriétaires, mais rien n'y a changé. Chacun l'a respecté, tant dans son décor que dans sa cuisine. Le foie gras y est, à mon avis - et à celui de tous les amis que j'ai pu y inviter - le meilleur de tout ceux que j'ai dégusté ailleurs. Il y est direct, sans chi-chis et sans adjonction de stupides corolaires. Idem pour les frites, qui n'ont pas été détournées par la restauration rapide. Ici elles sont croustillantes et dorées et non blanches et sèches à l'américaine. En outre, le cadre a entièrement été respecté : on y voit, au plafond, les traces des bouchons de Champagne tirés en 1902 ! Et la preuve de mon affection pour ce lieu autant que pour Pascaline et Dominique, voilà 40 ans que j'y viens chaque samedi !


Georges Faget-Bénard